Il y a des gens qui ne valent pas la peine d'être mentionné dans une conversation. Il y en a d'autres vous ne vous sentez pas obligé de les nommés, d'autres encore où leurs noms vous échappent, il y a ceux dont on oubli l'existence et ceux où l'on ne veux pas la connaître. Et enfin il y a ceux que vous n'oublierez jamais de citer.
A. fait parti de cette dernière catégorie. Même si ce ne sont pas ses phrases ou ses actes je les lui attribut. La description que je fais d'elle est idéaliste. Je ne peux pas m'empêcher de dire qu'elle est ma meilleure amie. Tout le monde en a entendu parler au moins une fois.
Nous deux c'était un peu comme Bonnie&Clyde, Starsky&Hutch. Nous étions inséparables. Si l'une faisait quelque chose sans l'autre elle lui racontait jusqu'à ce qu'elle pense avoir vécu la même chose. Mais c'était rare. Tout ce qu'on faisait, on le faisait ensemble. Si l'une plongeait l'autre la suivait. Si l'une ne remontait pas à la surface, l'autre faisait de même et ainsi de suite. L'une était là pour l'autre.
Nos vacances se faisaient ensemble. Nos conversations pouvaient durer des heures durant aucune de nous ne se lassait.
Nos rires se confondaient et nos voix s'entremêlaient pour n'en former qu'une. Nos paroles n'avaient plus de sens sans celles de l'autre. Elle pensait à moi, je le devine. Je pensais à elle, elle le sait. Ce n'était pas la compétition comme ça pouvait l'être avec d'autres. Il n'y avait aucune jalousie quelconque parce qu'on savait l'importance que l'on avait l'une pour l'autre.
Elle était mon tout.
Mais ça c'était avant. Avant que l'on change. C'était avant que l'on fasse les mêmes choses mais en décalé, avant qu'elle ne parte en vacances avec d'autres, qu'elle ne me parle plus que de ses amis dont l'existence m'est inconnue. Mais cette fois elle ne me parle pas d'eux jusqu'à ce que j'ai l'impression de les connaître. Je jalouse chaque prénom plus ou moins connu. Nos conversations n'existent plus. Si l'une plonge, l'autre remonte seule. Nos rires communs sonnent faux et nos voix mélangées ne sont plus qu'un brouhaha infernal. Nos paroles n'ont plus de sens si elles sont assemblées.
Quand l'une pense à l'autre, plus personne ne le sait. Son nom se fait plus rare dans mes conversations et le mien devient presque inexistant dans les siennes.
Mais
je l'aime. Elle est toujours mon tout.
Elle restera celle que j'ai croisé pour la première fois dans les couloirs de l'école maternelle.
Hurt'
Photo "Elle et moi"
par mon papa.